Dans un monde aux prises avec les ombres de défis monumentaux, Calida Rawles, une peintre basée à Los Angeles, utilise son art comme un vecteur de contemplation et de renaissance. Sa dernière série, “Un Certain Oubli”, est une profonde réflexion sur la lumière et l’obscurité, à la fois dans le domaine artistique et dans la grande fresque de notre époque. Comme l’exprime Rawles, “On a l’impression que c’est un moment très sombre de notre histoire”, faisant référence à la trilogie de l’annulation de Roe v. Wade, à la crise climatique et à l’impact mondial de la COVID-19. Pourtant, au cœur de cette obscurité, elle voit une opportunité d’introspection et la promesse d’une nouvelle aube, remarquant : “Avant la lumière, il y a l’obscurité”.

L’approche réfléchie de Rawles transparaît dans sa toile avec une représentation sereine mais puissante de jeunes femmes et de filles, apparemment à la dérive dans l’eau, leur regard fixé vers la lumière. “Ce que j’aime dans l’eau, c’est ce qu’elle fait au corps, d’abstraire la forme”, réfléchit Rawles, capturant l’essence du changement et de l’évolution à travers ses images aquatiques. Ce sentiment résonne avec la nature dynamique de la vie, comme elle l’ajoute, “Nous sommes toujours en mouvement. Nous grandissons toujours, changeons, évoluons et avançons.”

Avec sa première grande exposition individuelle sur la côte Est à la galerie Lehmann Maupin de New York, Rawles présente sa philosophie visuelle à un public plus large. Son processus méticuleux, impliquant ses filles dans la création de photographies de référence pour les peintures, met l’accent sur un esprit collaboratif. “C’était une affaire d’équipe et de puissance féminine, la création de cette œuvre”, révèle-t-elle, attribuant cet effort collectif à l’éthique émancipatrice de l’exposition.

En s’engageant avec l’histoire de Lilith dans son travail, Rawles confronte les questions historiques et contemporaines des droits des femmes. “Si vous simplifiez l’histoire, cette idée d’une femme diabolisée pour avoir voulu l’égalité m’a fascinée”, dit-elle, connectant les récits passés avec les réalités actuelles.

Son art sert à la fois d’archive et de phare. “Une partie de moi en tant qu’artiste enregistre où nous en sommes aujourd’hui… pour le contexte historique et comme archive pour moi-même ou notre culture”, affirme-t-elle. Rawles documente le présent et nourrit l’espoir pour l’avenir, dotant ses filles de la force de “réimaginer ce qu’elles veulent que soit leur existence”.

Calida Rawles est un témoignage de la résilience de l’art et de son potentiel à naviguer à travers des moments tumultueux. À travers les voiles de “Un Certain Oubli”, elle invite les spectateurs à témoigner d’un monde où la lumière triomphe continuellement de l’obscurité, et où l’espoir reste une force inébranlable. En mêlant harmonieusement le personnel à l’universel, son travail résonne comme un rappel que même dans les eaux les plus sombres, l’esprit humain peut trouver son chemin vers la lumière.

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