
Une crise des écosystèmes marins confirmée par les experts
Des rapports scientifiques et des conférences internationales récentes soulignent que les océans sont soumis à des pressions multiples et graves. Selon un rapport de la FAO présenté à la Conférence des Nations unies sur l’océan (UNOC), 35 % des stocks de poissons mondiaux sont désormais exploités de manière non durable, un chiffre qui met en évidence l’ampleur de la surpêche à l’échelle planétaire et la nécessité d’une gouvernance renforcée pour restaurer les populations marines. Dans certaines régions comme la Méditerranée et la mer Noire, plus de la moitié des stocks sont surexploités, malgré une légère réduction de cette pression ces dernières années.
Cette situation est aggravée par le changement climatique, qui modifie les zones de répartition des espèces marines et perturbe les écosystèmes. Des recherches récentes montrent que les pêcheries ciblant les thonidés — des poissons hautement migrateurs essentiels aux économies locales et mondiales — sont parmi les plus vulnérables aux effets du réchauffement des océans, mettant en danger la durabilité de ces pêcheries dans les décennies à venir.
Tensions internationales sur les zones marines protégées
En parallèle des constats scientifiques, des décisions politiques récentes ont suscité l’inquiétude des défenseurs de l’environnement. L’un des exemples les plus frappants est la proposition du gouvernement britannique d’autoriser une pêche artisanale élargie autour de l’archipel des Chagos, l’une des plus vastes zones marines protégées au monde. Cette zone, qui abrite des centaines d’espèces de poissons, plus de cinquante espèces de requins et de nombreux oiseaux marins, était jusqu’ici totalement fermée à la pêche depuis sa désignation en 2010. Les défenseurs de la conservation estiment qu’ouvrir ces eaux à la pêche, même non commerciale, pourrait fragiliser un refuge écologique essentiel.
Par ailleurs, bien que des progrès diplomatiques aient été réalisés — comme l’entrée en vigueur en janvier 2026 du Traité sur la haute mer, qui protège juridiquement les zones océaniques internationales au-delà des juridictions nationales — l’application concrète et ambitieuse de ces accords reste un défi, et certaines ONG dénoncent l’absence de mesures suffisamment fortes pour enrayer le déclin des océans.
Progrès mais défis persistants dans la conservation
La ratification du traité sur la haute mer et l’émergence d’aires marines protégées étendues — y compris la création en 2025 de l’une des plus vastes zones protégées en Polynésie — montrent une volonté croissante de conservation à l’échelle mondiale. Le Traité BBNJ, entré en vigueur en 2026 après atteindre le nombre requis de ratifications, offre un cadre juridique inédit pour protéger les deux tiers de l’océan situés au-delà des zones nationales.
Malgré ces avancées, l’étendue réelle des protections reste limitée : seulement environ 8 à 10 % des océans sont actuellement protégés, loin de l’objectif de 30 % fixé pour 2030, et nombre de ces zones n’ont pas encore de mesures strictes contre la pêche ou l’exploitation.
Pollution, initiatives et mobilisation citoyenne
La question de la pollution marine demeure également cruciale. Chaque année, environ 12 millions de tonnes de plastique finissent dans les océans, menaçant la faune, les récifs et les millions de personnes dépendant des ressources marines. Des initiatives comme Clean Oceans, soutenues par des institutions comme l’Agence française de développement et la Banque européenne d’investissement, visent à financer des projets de collecte et de réduction des déchets plastiques, avec une enveloppe prévue de plusieurs milliards d’euros d’ici 2025 pour lutter contre cette pollution.
La mobilisation citoyenne continue également de croître. Des organisations et coalitions, comme la coalition mondiale des jeunes « Citizen of the Ocean », rassemblent des jeunes activistes venus des six continents pour porter la voix de la jeunesse dans la défense des écosystèmes marins, notamment lors d’événements internationaux comme l’UNOC.
Perspectives pour les années à venir
L’océan reste un élément vital du système terrestre, régulant le climat, fournissant des ressources alimentaires et abritant une biodiversité essentielle. La combinaison de surpêche, changement climatique, pollution et pressions géopolitiquesconstitue une crise complexe qui exige une réponse globale, coordonnée et fondée sur la science. Les avancées diplomatiques et les engagements de protection montrent une certaine dynamique positive, mais les experts insistent sur l’urgence d’accélérer les mesures concrètes pour atteindre les objectifs de conservation et de durabilité avant 2030.











