• Gabriel Leroy
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Une édition marquée par les divisions internationales

La 56e édition du Forum économique mondial, qui s’est tenue du 19 au 23 janvier 2026 à Davos, en Suisse, a été marquée par des tensions géopolitiques fortes entre grandes puissances, tout en essayant de maintenir un espace de dialogue pour faire face aux défis économiques et sociaux actuels. Les dirigeants mondiaux se sont retrouvés dans un contexte de rivalités accrues, notamment entre les États-Unis et ses alliés, et en ce qui concerne certaines crises régionales et leurs implications globales. 

Plusieurs chefs d’État et responsables internationaux ont pris la parole, dont l’ancienne directrice de la Banque d’Angleterre Mark Carney, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et l’ancien président américain Donald Trump, soulignant des visions parfois divergentes sur la manière de piloter l’économie mondiale et de répondre aux conflits. 

Le « Board of Peace » et un message politique fort

L’un des moments importants du sommet a été la création inaugurale du Board of Peace, une initiative lancée pour promouvoir des solutions diplomatiques aux crises en cours, dont celles au Moyen-Orient et en Europe de l’Est. Lors de la cérémonie officielle, une attention particulière a été portée sur les conflits qui perturbent les chaînes d’approvisionnement mondiales et alimentent les incertitudes économiques, en particulier pour les marchés émergents. 

Dans ce contexte, les allocutions ont souvent souligné la nécessité d’un équilibre entre pression géopolitique et coopération multilatérale : maintenir un dialogue malgré les tensions tout en travaillant à des partenariats économiques et commerciaux plus stables. 

Controverses diplomatiques autour de la participation

L’édition 2026 du Forum a aussi été marquée par des controverses sur la présence de certaines délégations. L’invitation du ministre des Affaires étrangères iranien Abbas Araghchi a été retirée à la suite de critiques liées à la répression des manifestations dans son pays, ce qui a suscité de vives réactions politiques et diplomatiques. Araghchi a lui-même accusé Israël et les États-Unis d’avoir fait pression pour obtenir cette annulation. 

Simultanément, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a choisi de ne pas se rendre à Davos par crainte d’être arrêté en Suisse en raison d’un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale datant de novembre 2024, la contrainte légale suisse l’obligeant à respecter les engagements internationaux en matière de droit. À sa place, le président israélien Isaac Herzog a assisté au Forum, critiquant l’action judiciaire qualifiée de « politiquement motivée » par ses soutiens. 

Des thèmes économiques et sociaux au cœur des discussions

Outre la géopolitique, les participants à Davos ont débattu des grandes questions économiques comme les nouvelles sources de croissance, l’investissement dans les personnes, l’innovation responsable et la prospérité dans le respect des limites planétaires. Ces thèmes ont été présentés comme des axes essentiels pour un développement durable et équilibré à l’échelle mondiale. 

Parmi les sujets abordés, figurait notamment la transition énergétique, la numérisation de l’économie, les chaînes logistiques globales et les inégalités sociales, tous considérés comme des défis qui nécessitent des réponses coordonnées au-delà des frontières nationales. 

Une édition révélatrice des tensions et des impératifs

Le Forum économique mondial de Davos 2026 est ainsi apparu comme un reflet des contradictions actuelles de la gouvernance internationale : une volonté de coopération économique et sociale d’une part, des divergences politiques et des rivalités géostratégiques d’autre part. Les engagements pris et les débats de Davos montrent que, malgré les tensions, les grandes puissances et organisations continuent de voir dans le dialogue multilatéral un outil indispensable pour faire face aux défis — économiques, environnementaux et sociaux — du XXIᵉ siècle.