Le tribunal de Paris a rendu lundi son verdict dans l’affaire de cyberharcèlement visant Brigitte Macron. Dix personnes ont été reconnandes coupables pour avoir diffusé ou relayé pendant plusieurs années des propos insultants et des rumeurs portant sur son identité de genre et sa vie privée. Les peines prononcées vont de simples sanctions éducatives à six mois de prison ferme, la majorité des condamnations étant assorties de sursis.

Les faits reprochés concernent une campagne de désinformation en ligne, active depuis près de quatre ans, affirmant à tort que la Première dame serait une femme transgenre. Selon le président du tribunal, Thierry Donnard, huit prévenus ont fait preuve d’une volonté délibérée de nuire, utilisant des termes jugés malveillants, dégradants et insultants, allant jusqu’à des accusations de pédocriminalité.

Des sanctions pénales et numériques

Parmi les dix prévenus, l’un a été condamné à six mois de prison ferme en raison de son absence lors du procès très médiatisé d’octobre 2025. Un autre a échappé à une peine d’emprisonnement et s’est vu imposer un stage de sensibilisation ainsi qu’une amende. Les autres ont écopé de peines de quatre à huit mois de prison avec sursis.

Trois figures considérées comme particulièrement influentes sur les réseaux sociaux ont reçu les sanctions les plus lourdes avec sursis. L’écrivain Aurélien Poirson Atlan, connu sous le pseudonyme Zoé Sagan, la médium Amandine Roy et le galeriste Bertrand Scholler se sont vu interdire l’utilisation de leurs comptes sur les réseaux sociaux pendant six mois.

L’ensemble des condamnés devra également suivre, à ses frais, un stage de sensibilisation au respect des personnes dans l’espace numérique et s’acquitter solidairement d’une amende de 10 000 euros.

L’impact personnel et familial au cœur du dossier

Absente à l’audience, Brigitte Macron avait expliqué lors de sa plainte déposée à l’été 2024 que ces rumeurs avaient profondément affecté son entourage. Elle avait notamment rapporté que ses petits enfants entendaient dire que leur grand mère serait un homme, soulignant l’impact psychologique durable de ces accusations.

La relation entre Emmanuel Macron et son épouse, marquée par une différence d’âge largement commentée, a servi de point d’appui à de nombreuses fausses informations relayées en France et à l’étranger. Le couple présidentiel a choisi de porter l’affaire devant la justice, y compris aux États Unis, afin de tenter d’endiguer la propagation de cette infox.

Lors du procès, la fille de la Première dame, Tiphaine Auzière, a décrit une femme vivant en alerte permanente face à la remise en cause répétée de son identité, évoquant une dégradation de son état de santé.

Liberté d’expression invoquée par la défense

Plusieurs prévenus ont tenté de se défendre en invoquant la satire ou la liberté d’expression, affirmant avoir voulu révéler une prétendue vérité cachée. Le tribunal n’a pas retenu ces arguments, estimant que les propos tenus dépassaient largement le cadre de l’opinion ou de la critique et relevaient d’un harcèlement caractérisé.

À la veille du verdict, Brigitte Macron avait rappelé publiquement sa volonté de montrer l’exemple dans la lutte contre le harcèlement, notamment auprès des adolescents. Elle avait affirmé que certaines limites ne pouvaient être franchies, en particulier lorsqu’il s’agit de l’identité et de la famille.

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