Le chef du gouvernement groenlandais a vivement réagi après de nouvelles déclarations de Donald Trump laissant entendre que les États Unis pourraient prendre le contrôle du Groenland. Dans un message publié dans la nuit de dimanche à lundi, le Premier ministre Jens-Frederik Nielsen a dénoncé des propos répétés qu’il juge inacceptables et a appelé au respect du droit international.

Selon lui, la multiplication des pressions et des allusions à une annexion nourrit une situation inutilement tendue. Il affirme que le Groenland reste ouvert au dialogue et aux discussions, mais uniquement dans un cadre institutionnel clair et respectueux des règles internationales.

Des propos américains qui inquiètent Nuuk

Ces réactions font suite à des déclarations de Donald Trump, interrogé sur les conséquences de l’opération militaire américaine au Venezuela et sur la place du Groenland dans la stratégie des États Unis. Le président américain a laissé entendre que ses partenaires devaient se faire leur propre opinion, tout en réaffirmant l’importance du Groenland pour la sécurité nationale américaine.

À bord d’Air Force One, Trump a de nouveau affirmé que le Danemark ne serait pas en mesure d’assurer seul la sécurité de l’île arctique, évoquant même un calendrier pour revenir sur la question du Groenland dans les semaines à venir.

Un territoire stratégique mais autonome

Le Groenland, vaste territoire arctique d’environ 57 000 habitants, est une région autonome du Danemark. L’île dispose de ressources minières importantes, encore largement inexploitées, et occupe une position stratégique majeure dans l’Arctique. Les États Unis y maintiennent déjà une base militaire et en exploitaient plusieurs durant la guerre froide.

Malgré ces enjeux géopolitiques, les autorités groenlandaises rappellent que l’avenir du territoire ne peut être décidé que par ses habitants et par le royaume danois.

Copenhague rejette toute idée d’annexion

La Première ministre danoise Mette Frederiksen a elle aussi fermement condamné les propos américains. Elle a exhorté Washington à cesser toute menace envers un allié historique et un peuple qui a clairement indiqué ne pas être à vendre. Selon elle, l’idée d’un contrôle américain sur le Groenland est tout simplement absurde.

Les tensions ont été ravivées par une publication sur le réseau social X montrant une carte du Groenland aux couleurs du drapeau américain, accompagnée du mot “Soon”, ce qui a suscité de vives inquiétudes au Danemark.

Un soutien international affirmé

De nombreuses réactions de solidarité se sont exprimées sur la scène internationale. La France a rappelé que les frontières ne pouvaient être modifiées par la force et a réaffirmé son soutien au Danemark. Les dirigeants nordiques, notamment en Suède, en Norvège et en Finlande, ont également souligné que seules les autorités groenlandaises et danoises pouvaient décider de l’avenir du territoire.

Le Royaume Uni et l’Union européenne ont, de leur côté, insisté sur le respect de la souveraineté nationale et de l’intégrité territoriale. Le Danemark a rappelé qu’il est membre de l’OTAN et bénéficie à ce titre des garanties de sécurité de l’alliance.

La nomination annoncée fin décembre par Donald Trump d’un envoyé spécial pour le Groenland avait déjà provoqué des tensions diplomatiques, illustrant la sensibilité croissante de ce dossier stratégique.