Des images diffusées vendredi par l’agence officielle nord coréenne KCNA montrent Kim Ju ae, la fille du dirigeant Kim Jong-un, lors de sa première visite au mausolée où reposent les anciens dirigeants du pays. Cette apparition publique, datée du 1er janvier à Pyongyang, est interprétée comme un signal fort quant à son statut potentiel de future dirigeante.

La visite s’est déroulée au palais du Soleil Kumsusan, lieu hautement symbolique où sont conservées les dépouilles de Kim Il-sung et de Kim Jong-il, respectivement arrière grand père et grand père de Kim Ju ae. Tous deux sont présentés par la propagande officielle comme des dirigeants éternels de la nation.

Un geste inscrit dans la tradition dynastique

Depuis sa fondation en 1948, la Corée du Nord est dirigée par la famille Kim, souvent désignée sous le nom de lignée Paektu, en référence à une montagne sacrée au cœur du récit national. Selon la version officielle, Kim Jong il y serait né, renforçant le caractère quasi mythologique de cette dynastie unique dans le monde communiste.

Les images publiées montrent Kim Jong un accompagné de hauts responsables du régime, ainsi que de son épouse Ri Sol ju et de leur fille. La présence de Kim Ju ae dans un cadre aussi solennel marque une étape supplémentaire dans sa mise en avant progressive sur la scène publique nord coréenne.

Une succession de plus en plus évoquée

Bien que son âge exact n’ait jamais été confirmé, Kim Ju ae est apparue à plusieurs reprises aux côtés de son père depuis 2022, notamment lors d’événements militaires ou officiels. Les services de renseignement sud coréens estiment qu’elle pourrait être préparée à assurer la relève, devenant ainsi la quatrième génération à la tête du pays.

En 2024, les médias d’État lui ont attribué le titre honorifique de hyangdo, que l’on peut traduire par grande personne de conseil. Cette appellation est traditionnellement réservée au dirigeant suprême ou à son successeur désigné, renforçant les spéculations autour de son rôle futur.

Une figure longtemps restée secrète

Avant 2022, l’existence même de Kim Ju ae n’avait jamais été officiellement confirmée par les autorités nord coréennes. La première mention publique provenait de l’ancien joueur de la NBA Dennis Rodman, qui affirmait avoir rencontré en 2013 une fille du dirigeant prénommée Ju ae lors d’un séjour à Pyongyang.

La diffusion de ces images marque donc un tournant dans la stratégie de communication du régime, qui semble désormais assumer publiquement la place grandissante de la fille de Kim Jong un au sein de l’appareil symbolique du pouvoir.