
Une année marquée par des phénomènes météorologiques extrêmes
L’année 2026 débute dans un contexte climatique tendu avec des phénomènes extrêmes sur presque tous les continents. Selon l’Organisation météorologique mondiale (WMO), des vagues de chaleur records ont frappé l’Australie où des températures ont approché 49,5 °C dans certaines régions en janvier, provoquant des risques accrus d’incendies et de stress thermique pour les populations. Dans le même temps, des tempêtes hivernales exceptionnelles ont apporté des chutes de neige abondantes dans certaines régions d’Amérique du Nord et d’Asie, notamment au Japon où des profondeurs de neige inédites ont été relevées. Ces séries d’événements confirment une tendance à l’intensification des extrêmes liée au réchauffement de la planète, phénomène déjà mis en évidence dans de nombreuses études scientifiques et rapports institutionnels.
L’année 2025 avait déjà montré l’ampleur de cette réalité climatique, avec plus de 87 millions de personnes touchées par des catastrophes liées au climat dans le monde, incluant inondations, tempêtes, sécheresses et incendies. En Syrie seule, une des pires sécheresses depuis des décennies a laissé plus de 14 millions de personnes sans accès à une alimentation suffisante.
Des impacts économiques sous-estimés, selon des experts
Un nouveau rapport publié début février met en garde contre la sous-estimation des risques économiques liés au changement climatique. Des chercheurs de l’Université d’Exeter et du Carbon Tracker Initiative soulignent que les modèles économiques traditionnels utilisés par les gouvernements et les institutions financières ne tiennent pas suffisamment compte des ruptures possibles comme la fonte rapide des calottes polaires ou les effondrements de courants océaniques. Selon ce rapport, ces lacunes pourraient faire perdre jusqu’à 50 % de produit intérieur brut (PIB) à certaines économies d’ici la fin du siècle si des scénarios extrêmes de changement climatique venaient à se matérialiser, faisant apparaître un risque systémique largement sous-estimé jusqu’ici.
Tensions politiques et financement climatique
Les défis du climat ne sont pas que scientifiques ou économiques, ils sont aussi politiques. Récemment, la décision des États-Unis de se retirer de structures clés liées à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques a brisé un consensus bipartisan ancien dans la diplomatie climatique, relançant des inquiétudes sur la capacité de la communauté internationale à coopérer face à l’urgence planétaire. Parallèlement, certains pays comme le Royaume-Uni annoncent des réductions significatives de leur financement climatique destiné aux pays pauvres, une décision jugée contradictoire avec leurs engagements antérieurs et susceptible d’affaiblir l’aide aux nations les plus vulnérables aux impacts du dérèglement climatique.
Ces tensions se jouent alors que l’agenda international du climat s’accélère avec la préparation de la conférence des Nations unies sur les changements climatiques (COP31) prévue à Antalya en novembre 2026, qui devra évaluer les progrès des États membres et définir les nouvelles trajectoires d’action collective.
Des écosystèmes sous pression
Les impacts environnementaux continuent de s’intensifier. Un événement de blanchissement corallien global, débuté en 2023 et toujours en cours, a affecté environ 84 % des récifs coralliens du globe, entraînant des pertes massives d’écosystèmes marins essentiels à la biodiversité et aux économies littorales. De plus, beaucoup de régions du monde font face à un stress hydrique croissant : plus de 2,3 milliards de personnes vivent actuellement dans des zones en situation de stress hydrique, et ce chiffre pourrait augmenter de manière significative d’ici 2050 si les tendances climatiques se poursuivent.
Entre adaptation et transformation systémique
Face à ces évolutions, les scientifiques et décideurs soulignent l’urgence d’adapter les infrastructures et les systèmes économiques, tout en accélérant les transitions vers des énergies plus propres. Certaines initiatives montrent des résultats prometteurs, comme l’installation de capacités éoliennes et solaires croissantes dans plusieurs régions, mais ces avancées restent encore insuffisantes pour inverser les trajectoires actuelles.





















