Au moins 80 combattants du mouvement séparatiste du sud du Yémen ont été tués en l’espace de deux jours, depuis le lancement vendredi d’une opération militaire menée par les forces gouvernementales appuyées par l’Arabie saoudite. Le bilan a été communiqué dimanche par une source militaire proche du Conseil de transition du Sud.

Selon cette source, l’offensive a également fait au moins 152 blessés dans les rangs séparatistes et conduit à la capture de 130 combattants. De leur côté, les forces soutenues par Ryad ont reconnu la mort de 14 de leurs soldats et plus de 30 blessés au cours des affrontements.

Une opération déclenchée après un bras de fer politique

L’Arabie saoudite pressait depuis plusieurs jours le Conseil de transition du Sud de se retirer de territoires stratégiques pris en décembre dans les provinces orientales de l’Hadramout et de Mahra. Ces deux régions, riches en ressources et situées à proximité de la frontière saoudienne, revêtent une importance économique et sécuritaire majeure.

Face au refus du STC de se retirer, Ryad a apporté son soutien direct à une opération des forces gouvernementales yéménites, lancée vendredi. Le mouvement séparatiste bénéficie pour sa part du soutien des Émirats arabes unis, ce qui accentue les rivalités au sein du camp officiellement allié au gouvernement reconnu internationalement.

Des frappes aériennes décisives

L’offensive a débuté par des frappes de l’aviation saoudienne visant plusieurs camps tenus par les séparatistes, notamment dans la province de l’Hadramout. D’après des responsables militaires, la majorité des pertes humaines a été enregistrée après des bombardements ciblant des positions à al Khasha et Barshid.

La présidence yéménite a annoncé samedi la reprise complète du contrôle de l’Hadramout, province pétrolifère clé. Dans la région voisine de Mahra, les autorités locales auraient de nouveau prêté allégeance au gouvernement soutenu par Ryad, sans résistance notable, selon des sources militaires.

Consolidation des positions gouvernementales

Dimanche, les forces pro gouvernementales ont renforcé leur présence à al Mukalla, capitale de l’Hadramout, afin de sécuriser la zone après la reconquête. Cette consolidation vise à empêcher toute contre offensive séparatiste et à rétablir l’autorité de l’État dans ces territoires stratégiques.

Un conflit aux alliances complexes

Cette nouvelle flambée de violences illustre la complexité du conflit yéménite. Bien que le Conseil de transition du Sud fasse officiellement partie du gouvernement, son offensive de décembre a ravivé les tensions entre l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, qui soutiennent des factions rivales.

Le gouvernement yéménite, composé d’alliances hétérogènes, reste engagé dans une lutte plus large contre les rebelles houthis, soutenus par l’Iran, qui contrôlent la capitale Sanaa et une grande partie du nord du pays depuis 2014. Dans ce contexte fragmenté, les combats dans le sud ajoutent une nouvelle couche d’instabilité à une guerre déjà prolongée et meurtrière.

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