
Une économie mondiale sous influence et des tensions persistantes
En 2026, les relations entre les États-Unis et la Chine restent au cœur de l’actualité internationale, marquées par une combinaison de rivalités économiques, de confrontations géopolitiques et d’efforts intermittents de coopération. La croissance chinoise, bien qu’en ralentissement par rapport aux décennies précédentes, demeure un sujet de préoccupation pour les entreprises occidentales, où les tensions bilatérales figurent parmi les principaux risques économiques identifiés par les chefs d’entreprise américains. La difficulté de Pékin à relancer fortement la demande intérieure s’ajoute à des relations commerciales tendues avec Washington, alimentant des incertitudes sur l’évolution de l’économie mondiale.
Sur le plan commercial, malgré une trêve tarifaire prolongée en 2025 qui suspend certaines mesures restrictives sur des biens à double usage et matériaux stratégiques, les discussions entre les deux puissances n’ont pas encore débouché sur un accord durable. La suspension temporaire de contrôles à l’exportation sur des matériaux comme le gallium, le germanium ou le graphite a été étendue jusqu’en novembre 2026, mais ces mesures demeurent fragiles et soulignent l’ampleur du défi.
Une rivalité technologique et commerciale tangible
Les tensions ne se limitent pas au commerce de biens classiques. Le contrôle des chaînes d’approvisionnement en composants essentiels à l’économie numérique est devenu un enjeu majeur. Les États-Unis mettent en place des politiques pour sécuriser l’accès aux minerais critiques, indispensables à la fabrication de technologies avancées comme les batteries, les semi-conducteurs et les aimants industriels. À Washington, une conférence réunissant une cinquantaine de pays vise à établir des mécanismes multilatéraux pour garantir l’approvisionnement de ces ressources, en réponse à une forte dépendance vis-à-vis de la production chinoise.
La Chine, de son côté, exerce une influence significative sur la production mondiale de terres rares et d’autres composants stratégiques, ce qui constitue un levier de pression sur les chaînes d’approvisionnement internationales. Ces éléments alimentent un processus de diversification des partenaires commerciaux et de relocalisation de certaines industries critiques hors de Chine.
Coopération limitée et différends stratégiques persistants
Malgré ces rivalités, des signes de dialogue existent. Début février 2026, les présidents des États-Unis et de la Chine ont eu une conversation téléphonique jugée « très positive » par la Maison-Blanche, au cours de laquelle ont été abordés des sujets allant du commerce à la situation au Moyen-Orient. Cette prise de contact s’inscrit dans le contexte d’une volonté affichée de maintenir des canaux de communication malgré les divergences persistantes sur des sujets sensibles comme Taïwan. Pékin a toutefois réaffirmé sa fermeté sur cette question, en soulignant l’importance de respecter le principe d’une seule Chine et en critiquant les ventes d’armes américaines à Taïwan qui, selon elle, déstabilisent la région.
Les tensions stratégiques se manifestent également dans le domaine de l’intelligence artificielle appliquée à la défense. Les États-Unis et la Chine se sont abstenus de signer une déclaration mondiale sur l’usage responsable de l’IA militaire, aux côtés de plusieurs autres nations, ce qui reflète la difficulté de concilier les préoccupations éthiques avec des intérêts de sécurité nationale concurrents.
Diversification des partenariats et rôle des acteurs intermédiaires
Face à l’instabilité des relations sino-américaines, de nombreux pays et régions adoptent des stratégies de diversification économique et commerciale. L’Union européenne et l’Inde, par exemple, ont conclu un accord de libre-échange majeur fin janvier 2026, vue comme un moyen de réduire leur exposition aux frictions commerciales entre Washington et Pékin et de stimuler leurs propres marchés.
Cette diversification s’accompagne aussi de initiatives visant à renforcer la coopération technologique et industrielle entre divers blocs et pays, reflétant une volonté d’atténuer la dépendance à l’une ou l’autre des deux grandes puissances. Dans ce contexte, les chaînes d’approvisionnement deviennent un élément central du débat économique mondial.































