Une nouvelle génération de réacteurs prévue pour 2026

L’énergie nucléaire, longtemps marginalisée dans certaines régions du monde en raison des inquiétudes environnementales et des coûts, connaît depuis 2024 un renouveau significatif. En 2026, plusieurs projets de réacteurs de nouvelle génération sont en phase d’achèvement ou sur le point d’être lancés, marquant une étape importante dans la transition énergétique globale. Ces réacteurs dits de petite taille modulable (Small Modular Reactors, SMR) ou de génération IV visent à offrir une production d’électricité plus sûre, plus flexible et moins coûteuse que les installations traditionnelles.

Aux États-Unis, la construction du réacteur NuScale VOYGR-6, agrégat de six modules SMR, devrait être finalisée en 2026, avec une capacité totale de plus de 700 mégawatts. Ce projet reçoit un soutien de l’administration américaine dans le cadre de la politique énergétique visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre tout en sécurisant l’approvisionnement électrique à long terme. La Commission fédérale de régulation nucléaire (NRC) a récemment donné de nouvelles approbations pour accélérer la certification des SMR, ce qui pourrait en favoriser la commercialisation à grande échelle dans la décennie à venir.

En Europe, la Finlande a poursuivi l’exploitation de son réacteur Olkiluoto 3 (EPR), l’un des plus grands réacteurs à eau pressurisée construits ces dernières années, déjà connecté au réseau en 2022. La France, historiquement très dépendante de l’énergie nucléaire, a pour sa part annoncé une feuille de route pour la construction de deux réacteurs EPR2supplémentaires, avec des décisions finales d’investissement attendues courant 2026. Cette relance intervient parallèlement à des plans de modernisation des centrales existantes afin d’allonger leur durée de vie opérationnelle, une stratégie clé pour maintenir la part du nucléaire dans le mix énergétique tout en réduisant les émissions carbone.

Asie et Moyen-Orient renforcent leurs capacités

Dans la région Asie-Pacifique, la Chine poursuit un programme nucléaire ambitieux. La centrale de Fuqing 6, entrée en service fin 2025, est représentative des progrès technologiques accélérés du pays. La Chine a également avancé dans les études de réacteurs à haute température et à neutrons rapides, ouvrant la voie à une polyvalence accrue de l’usage de l’énergie nucléaire, à la fois pour l’électricité mais aussi pour la production d’hydrogène bas carbone, considéré comme un vecteur stratégique pour l’industrie lourde.

Le Japon, après des années de débats internes post-Fukushima, a relancé plusieurs de ses réacteurs nucléaires sous de strictes conditions de sûreté et engagé des financements pour des projets de SMR avec une mise en service envisagée à la fin de la décennie. La Corée du Sud a, elle, achevé en 2025 deux nouveaux réacteurs standardisés KO-MVR, renforçant sa production et son expertise technologique exportable.

Parallèlement, des pays du Moyen-Orient comme les Émirats arabes unis exploitent déjà la centrale de Barakah, avec quatre unités en fonctionnement, tandis que l’Arabie saoudite et l’Égypte ont signé des contrats pour développer de nouvelles capacités nucléaires civiles dans les années à venir.

Débats sur sécurité, coût et acceptabilité sociale

Malgré cette dynamique, le nucléaire reste au centre de débats intenses sur la sécurité, le coût des projets et la gestion des déchets. Les partisans mettent en avant la faible émission de gaz à effet de serre des centrales et leur capacité à produire une énergie stable en complément des renouvelables intermittents comme le solaire ou l’éolien. Les opposants soulignent que certains projets continuent d’accuser des coûts de construction supérieurs aux prévisions initiales et que la gestion à long terme des déchets radioactifs demeure un enjeu non résolu sur le plan mondial.

Des organisations comme l’Agence internationale de l’énergie (AIE) et l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) publient régulièrement des rapports sur la sûreté, la réglementation et la réduction des coûts, contribuant à orienter les politiques publiques. La question de la formation de nouvelles générations d’ingénieurs nucléaires et de la rénovation de compétences dans les pays exploitant des centrales historiques fait également partie du débat politique et industriel.