Un tournant historique dans la production d’électricité

En 2025, pour la première fois, l’Union européenne a produit plus d’électricité à partir du vent et du solaire que grâce aux combustibles fossiles, selon un rapport du think-tank Ember. Les énergies renouvelables ont représenté 30,1 % de la production d’électricité, contre 29 % pour les sources fossiles, marquant ce que plusieurs experts décrivent comme un « point de bascule » dans le mix énergétique européen. La croissance rapide du solaire, qui a généré plus de 369 térawattheures d’électricité, a été l’un des principaux moteurs de ce changement. 

Cette évolution fait suite à plusieurs années de forte expansion des capacités renouvelables dans toute l’Europe. L’énergie solaire a notamment enregistré une croissance annuelle de plus de 20 %, ce qui a permis à certains pays comme les Pays-Bas d’atteindre plus de 20 % de leur électricité produite par le solaire uniquement en 2025. 

Des investissements colossaux mais encore insuffisants

Malgré ce progrès, la transition vers une énergie propre nécessite encore des investissements considérables. Un rapport publié par Aurora Energy Research estime qu’environ 1 500 milliards d’euros devront être mobilisés d’ici 2050 pour soutenir l’expansion des énergies renouvelables en Europe. Une grosse part de ces fonds, près de 600 milliards d’euros, devra être engagée d’ici 2030 pour développer le solaire, l’éolien terrestre et offshore, renforcer les réseaux électriques et accélérer le remplacement des centrales thermiques vieillissantes. 

Les défis restent nombreux notamment en matière d’infrastructures. Le manque d’investissements dans les réseaux électriques intelligents et les systèmes de stockage limite aujourd’hui l’intégration optimale des énergies intermittentes comme le vent et le soleil. De plus, certains marchés souffrent de congestion des lignes et de retards dans les procédures d’autorisation, ralentissant le déploiement des projets. 

Une dépendance encore forte aux combustibles importés

La transition énergétique européenne se déroule dans un contexte géopolitique complexe. L’Europe a réussi à réduire progressivement sa dépendance au gaz russe depuis les chocs liés à la guerre en Ukraine, mais la région reste exposée aux importations de gaz naturel liquéfié (GNL), notamment en provenance des États-Unis. Cette dépendance alimente des inquiétudes sur la sécurité énergétique à long terme et oblige les États membres à renforcer simultanément leurs capacités renouvelables et leurs stratégies de diversification. 

Récemment, dans certaines villes ukrainiennes, le réseau électrique a même été menacé d’effondrement, entraînant l’arrêt des métros en raison de tensions très faibles dans le système électrique, un rappel brutal de la fragilité persistante des infrastructures énergétiques face aux conflits et aux aléas. 

Une politique européenne renforcée mais qui divise

Sur le plan réglementaire, l’Union européenne a adopté une déclaration contre la désinformation climatique, renforçant la volonté politique de s’attaquer aux fausses informations autour de la transition énergétique. Les dirigeants européens insistent sur la nécessité d’inciter les citoyens et les industries à soutenir les politiques climatiques. 

Parallèlement, l’UE travaille à des objectifs climatiques plus ambitieux, notamment une réduction contraignante de 90 % des émissions nettes de gaz à effet de serre d’ici 2040, une étape vers la neutralité climatique prévue pour 2050. 

Des alliances régionales se multiplient également, comme l’engagement de pays riverains de la mer du Nord à développer conjointement des énergies offshore, ce qui pourrait significativement renforcer l’autonomie énergétique et réduire la dépendance aux combustibles importés.